Pars-moi pas

(poème)

Le ciel était d’acier
chargé
de songes
comme l’enfant triste d’Anne Hébert
quand je suis revenue de la librairie
Un livre à soi, elle s’appelle
la librairie

J’ai essayé de prendre une photo
des gros nuages boursouflés
pour te l’envoyer
comme une menace de me déverser
épaisse
sur toi
et moudre
ta parole faite en bois
la vernir de pluie et de hâte
la tenir
ta parole
la faire venir
ta parole
la boire

Je me suis réfugiée
au deuxième
Il vente tellement fort
Que le puits de lumière
Pulse
Plein-vide-vide-plein
Un morse
De mes sens qui ne font que ça
Te vouloir
Vouloir t’avoir
Et sentir ton bras qui plaque le mien au sol
Au-dessus de ma tête
pendant que tu me pénètres
(Pars-moi pas
La dernière fois
ça a fini en feuilleton)

Un livre à soi
C’est ti pas beau ça
Comme nom de place
Pour un lancement
de premier roman

Je copie-colle
Dans une bulle
Je le flèche
Mon poème transite vers toi
En 5G
Distribué
Bientôt il sera Lu
Que diras-tu?

Crédit photo : Martin Reish, article de Cult Montréal

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